Relever un morceau à l’oreille
Relever, ou repiquer, c’est sortir un morceau d’un enregistrement sans passer par une partition : on ralentit, on boucle une phrase, on la répète jusqu’à l’entendre note par note, et on avance. Toute la méthode tient dans ces trois gestes ; la difficulté n’est pas de les connaître, c’est de tenir sur la durée.
▶ Ouvrir l’outil — gratuit, sans inscription
La méthode en trois gestes
- Ralentir. De 0,25× à 2×, par pas de 0,05×, sans que le morceau descende d’un ton — une note relevée à 0,6× est la même note qu’à vitesse réelle.
- Boucler court. Deux poignées autour de la phrase. Une phrase, pas huit mesures : ce que l’oreille peut tenir en mémoire d’un seul tenant.
- Répéter jusqu’à l’évidence. La boucle tourne tant que vous ne l’arrêtez pas. Vous ne cherchez pas la note, vous attendez qu’elle devienne évidente.
Une phrase à la fois, et dans l’ordre
L’erreur classique n’est pas de relever trop vite, c’est de relever des passages trop longs. Une boucle de huit mesures oblige l’oreille à retenir une suite ; une boucle de deux mesures lui demande seulement de reconnaître. Ce sont deux efforts d’un ordre de grandeur différent.
L’ordre qui fonctionne est presque toujours le même. On pose d’abord la basse — c’est elle qui donne la fondamentale et qui rend la grille d’accords lisible. On repère ensuite la couleur de chaque accord : majeur, mineur, septième, quelque chose de plus tendu. La mélodie ou le chorus arrive en dernier, parce qu’à ce stade on sait sur quoi il est posé, et les notes qui paraissaient arbitraires deviennent lisibles.
En jazz manouche on dit relever un chorus, en rock on dit repiquer un riff ; c’est le même geste. Nommez chaque boucle au moment où vous la posez — « chorus 1, mesures 9–12 », « pont ». Vous en gardez jusqu’à cent par morceau, et chacune se rouvre à la vitesse où vous l’aviez laissée, au lieu d’être re-cherchée à chaque séance.
Ce que l’outil ne fait pas à votre place
Il faut être clair, parce que beaucoup de choses sont promises dans ce domaine. L’app ne devine pas les accords, elle n’en affiche aucun, et elle ne produit ni tablature ni partition. Elle ne relève rien : c’est vous qui relevez.
Ce qu’elle fait, elle le fait entièrement : ralentir sans changer la tonalité, boucler court — la boucle la plus courte fait une seconde, et vous pouvez poser un bord au moment où vous appuyez, sans viser à la souris —, garder chaque boucle nommée attachée au morceau, et noter le temps que vous y avez passé. Un relevé se fait avec les oreilles ; le reste n’est que de la logistique, et c’est cette logistique qui décourage la plupart des gens avant la fin du deuxième morceau.
Pourquoi il faut garder une trace
Un relevé sérieux dure des semaines, par tranches de vingt minutes. Sans trace, chaque séance recommence à zéro : retrouver l’enregistrement, retrouver la phrase, retrouver la vitesse. Cette corvée est minuscule chaque soir et elle tue le projet au bout de dix jours.
Ici, la boucle et la vitesse restent attachées au morceau, et le temps se note tout seul, morceau par morceau et phrase par phrase, sans rien saisir à la main. Chaque morceau garde son escalier des vitesses — combien de minutes réelles à 0,6×, à 0,8×, à vitesse normale — et un mode de révision espacée vous repropose les passages déjà relevés au moment où ils commencent à s’effacer, ce qui est précisément le moment où on ne pense pas à les rejouer. Vous pouvez aussi envoyer une phrase à quelqu’un, depuis un compte gratuit dont l’adresse a été vérifiée : le lien s’ouvre directement sur la boucle, à la vitesse que vous avez choisie, et la personne qui le reçoit n’a aucun compte à créer.
Par où continuer, selon l’instrument
- Ralentir une vidéo YouTube pour travailler un morceau — du relevé au travail proprement dit, boucle par boucle.
- Ralentir un morceau à la batterie — relever un fill membre par membre.
- Ralentir une musique sans changer la tonalité — ce que l’expression veut dire, et jusqu’où descendre.
Gratuit ou payant, clairement
Ralentir, boucler, nommer et retrouver ses boucles, le décompte du temps, les statistiques, la révision espacée et le métronome sont gratuits et sans compte. Charger vos propres fichiers audio ou vidéo — un enregistrement de cours, un disque que vous possédez — est gratuit aussi mais demande un compte gratuit : un visiteur non inscrit ne peut pas charger de fichier, et les fichiers restent sur l’appareil où vous les avez ajoutés. Pro coûte 5,99 € par mois, ou 57 € par an (prix en euros ; hors zone euro, le montant affiché au paiement est converti et peut différer), et ajoute la synchronisation de ces fichiers entre vos appareils, la séparation en six pistes d’un morceau que vous chargez, et deux vues statistiques plus fines.
FAQ
Est-ce que l’app me donne les accords du morceau ?
Non. Nous ne détectons aucun accord, nulle part, et rien n’est affiché à ce sujet. L’outil ralentit et boucle ; l’analyse reste la vôtre.
Peut-on relever à partir d’une vidéo YouTube ?
Oui, c’est le cas le plus courant, et sans inscription. Vous pouvez aussi charger votre propre fichier audio ou vidéo avec un compte gratuit, ce qui est la seule solution pour un enregistrement de cours ou un disque personnel.
Jusqu’à quelle vitesse peut-on descendre sans que ce soit inécoutable ?
0,25× est le plancher. Entre 0,6× et 0,9× on n’entend pratiquement rien de l’étirement ; en dessous de 0,5× il s’entend, surtout sur un enregistrement dense, mais reste tout à fait exploitable pour identifier une note.
Faut-il savoir lire la musique pour relever un morceau ?
Non. Un relevé se fait à l’oreille, et beaucoup d’excellents musiciens ne notent jamais rien. Si vous voulez garder une trace écrite, une grille d’accords ou une tablature suffit — mais c’est votre carnet, pas l’outil.
Combien de temps faut-il pour relever un morceau entier ?
Cela dépend du morceau et de votre oreille, et personne ne peut vous donner un chiffre honnête. En revanche l’historique vous donnera le vôtre, morceau après morceau, ce qui est la seule estimation qui vous serve à quelque chose.
Une phrase, une boucle, vingt minutes. Ouvrez l’enregistrement, descendez à 0,6×, et relevez la première phrase ce soir.